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Promenade parmi les cartes postales anciennes et timbres du Muséum national d'Histoire naturelle et son Jardin des Plantes.

Dernière mise à jour : 6 mai

La promenade qui suit s'appuie sur quelques cartes postales anciennes sélectionnées parmi les centaines de cartes consacrées au Muséum et son Jardin des Plantes. Elle comprend de manière plus exhaustive les peu nombreux timbres qui évoquent son histoire et ses scientifiques.

Jardin du Roy pour la culture des plantes médicinales à Paris par Frédéric Scalberge (1636).

On peut apercevoir, au premier plan la rive gauche de la Seine, puis le Jardin qui s'étend jusqu'au bâtiment du cabinet (le terme musée n'est pas encore usité) qui abrite alors les collections naturalistes et la bibliothèque (Éditions du Muséum national d'Histoire naturelle 1994).


De 1626 à 1635, les conseillers de Louis XIII créent le Jardin royal des plantes médicinales et son Cabinet d’Histoire naturelle, pour faire progresser la médecine grâce à une meilleure connaissance des plantes et de l’anatomie humaine et animale.

En 1793, il devient le Muséum national d’Histoire naturelle ; une ménagerie est créée un an plus tard pour que les animaux ne soient plus montrés enchainés et que leur étude contribue à mieux comprendre la biologie des espèces « sauvages ».

Au cours du XIXe siècle, les galeries d’expositions et laboratoires sont développés et l’invention des premières serres de verre et métal permet de mieux étudier la biologie des plantes exotiques.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, ses chercheurs attirent l’attention sur la dynamique des espèces ainsi que l’influence des sociétés humaines sur les environnements et les espèces avec lesquelles elles doivent positivement coexister.


L'entrée du Jardin des Plantes vue depuis les bords de Seine, sous Louis XV et au début du XXe.

Sur la carte du centre figure la galerie d'Anatomie comparée et Paléontologie (à son inauguration en 1895 elle comportait également l'Anthropologie déménagée au Musée de l'Homme, à sa création au milieu des années 1930). Sur celle de droite on voit au fond du jardin, la galerie de Zoologie inaugurée en 1889, qui a remplacé le bâtiment initial du Cabinet.


Dès sa création au XVIIe siècle, les voyageurs naturalistes du Jardin des Plantes ramènent des plantes de toutes les parties du monde.

Certaines nécessitent d’être abritées dans des bâtiments bien orientés, les Orangeries, puis vont bénéficier de la création de serres ; d’autres poussent en pleine terre comme ce cèdre du Liban transplanté au début du XVIIIe.




Les spécimens morts sont conservés à sec, ce qui vaut jusqu'à aujourd'hui pour les herbiers et les insectes. Certains oiseaux et poissons de petite taille sont mis en herbiers ou vont être conservés en alcool mais perdent alors leurs couleurs. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les techniques permettent de conserver durablement les animaux « empaillés ».

Les animaux étant jusqu'alors mal préservés, la comparaison de leurs squelettes est essentielle à la comparaison scientifique des animaux et justifie la création par Cuvier de la première galerie d’anatomie comparée devant laquelle trônent, un temps, un squelette de cétacé et une reconstitution.


LA MÉNAGERIE DU JARDIN DES PLANTES.


 La ménagerie est créée en 1793-94 au nom des 3 principes :

- La Révolution ayant libéré le genre humain, les animaux ne doivent plus être exhibés enchainés et les montreurs d’animaux sont invités à amener leurs bêtes à la Ménagerie où ils seront rétribués comme soigneurs.

- La biologie d’animaux sauvages pourra être étudiée, y compris leur reproduction, pour évaluer la notion d’espèce conçue par Buffon et les possibilités d’introduction d’animaux exotiques à des fins économiques. Dans ce double but, il est important de concevoir des enclos agréables leur permettant de se reproduire librement.

- Il faut permettre aux visiteurs de se sensibiliser à la vie animale, et d’acquérir « des connaissances sous une forme légère ». Les grilles, aujourd’hui perçues négativement, sont alors conçues pour assurer une proximité entre animaux et visiteurs, tout en protégeant les uns et les autres.

Le Parc Zoologique du Bois de Vincennes créé en 1934, à la suite du zoo temporaire de l'Exposition coloniale de 1931, est également une structure du Muséum et porte désormais le nom de Parc zoologique de Paris.


LES SERRES DU JARDIN DES PLANTES.

Les serres carrées, dites mexicaine et australienne, sont réalisées de 1830 à 1833 par l’architecte Rohault de Fleury. Réalisées à la demande des botanistes pour abriter leurs plantes exotiques, elles constituent les prototypes de toutes les serres modernes

Leur réalisation a été rendue possible grâce aux capacités de l’industrie du verre de créer des vitres de grande taille, assurant une luminosité accrue!

Leur réussite conduit à édifier en 1889 une Grande Serre est réalisée par l'architecte Jules André qui crée à la même période la Galerie de Zoologie. Elle est détruite en 1932 et remplacée par l'actuelle grande serre, réalisé en 1937 par René Berger en style Art déco.


LA PREMIÈRE GALERIE DE ZOOLOGIE, DANS LE CABINET D'HISTOIRE NATURELLE.

Le premier cabinet d'Histoire naturelle contient des laboratoires, l'ensemble des collections naturalistes et de livres. En dépit d'agrandissements du bâtiment initial au XIXe siècle et du déménagement de la botanique, la minéralogie et la bibliothèque dans un bâtiment construit de 1833 à 1841 le long de la rue Buffon il devient trop étroit pour la seule zoologie.

Illustrations de Girardet, représentant la salle des oiseaux et celle des mammifères "empaillés" dans le Cabinet d'Histoire naturelle. Elles ont été publiées en 1842 dans l'ouvrage de Boitard et Janin "Le Jardin des Plantes" , puis diffusées par les éditions du Pélican sous forme de cartes postales dans les années 1980.


LA GRANDE GALERIE DE ZOOLOGIE

Une nouvelle galerie de Zoologie est inaugurée en 1889 pour le centenaire de la Révolution française. Construite contre la façade de l’ancien cabinet d’Histoire naturelle, elle ferme la perspective du Jardin des Plantes.

Cette galerie abrite alors les plus importantes collections zoologiques de l’époque, avec celle du British Museum (Natural History,) achevé quelques années plus tôt à Londres.

La présentation exhaustive des collections fait de la Galerie de Zoologie une sorte de "réserve ouverte" disposée autour d'une nef spectaculaire. Certaines naturalisations inspireront des peintres comme Le Douanier Rousseau, avec le montage de cette lionne terrassant une antilope (que l'on peut apercevoir au milieu de la vitrine de la carte 601 des éditions J. Hauser et en gros plan sur la dernière carte ).


À la charnière des XIXe et XXe siècles, les progrès de la taxidermie permettent de préparer les mammifères et oiseaux dans des positions de plus en plus naturelles. La volonté de sensibiliser la société aux idées écologiques conduit à les présenter dans des décors en créant des "dioramas". Le don d'une telle collection par le Duc d'Orléans, préparée à partir de ses explorations, débouche sur la création d'une galerie rue de Buffon, à l'emplacement de l'actuel laboratoire d'entomologie. À la destruction de "la galerie du Duc d'Orléans", les animaux naturalisés sont entreposés dans la Nef de la galerie de Zoologie, elle même fermée en 1965, faute d'entretien. Lors du programme de rénovation de la Galerie de Zoologie, de 1986 à 1994, nous y avons implantés quelques spécimens naturalisés de la galerie du Duc d'Orléans, comme l'éléphant attaqué par un tigre. Sur les cartes postales de quelques dioramas de la Galerie du Duc d'Orléans (ci-dessous) vous pourrez identifier d'autres spécimens aujourd'hui exposés dans la Galerie de l'Évolution.


À l’opposé du Jardin des Plantes, près de l'entrée côté Seine, la statue de Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829) rappelle que ses recherches sur les collections du Muséum l’amenèrent à théoriser l’existence d’une transformation des espèces depuis l’origine de la vie sur Terre.

JB Lamarck crée également le mot "biologie" pour évoquer son approche dynamique de la botanique et de la zoologie, mot désormais utilisé par tous dans le monde.


LA GALERIE D’ANATOMIE COMPARÉE ET DE PALÉONTOLOGIE.

 À l’inauguration de la Grande Galerie de Zoologie en 1889, les professeurs d’Anatomie comparée, de Paléontologie et d’Anthropologie ne disposent pas d’espace rénové mais obtiennent la construction d’une nouvelle galerie qui sera inaugurée en 1898.

Le professeur d’Anatomie, Georges Pouchet, est furieux car il a réuni plusieurs squelettes de cétacés et souhaitait consacrer le hall de la galerie de zoologie aux baleines et cachalots, pour traiter de leur protection et de la crise de la pêche induite par leur raréfaction.

Dans la nouvelle galerie, il va réussir à exposer, au rez-de-chaussée, une présentation d’anatomie comparée comprenant, entre autres, les squelettes de cétacés inutilisés.


La Galerie d'Anatomie Comparée.

Dans le hall d'entrée, le visiteur est accueilli par la sculpture de Frémiet qui inverse dès cette fin de XIXe siècle le regard de l'humanité sur la nature, en figurant un orang-outan défendant son petit contre un chasseur. Au fond de la galerie un ensemble de squelettes de cétacés répond aux voeux de Pouchet et permet de comparer leurs squelettes à ceux des autres mammifères.


La Galerie de Paléontologie et Anthropologie.

À l’étage, les fossiles sont exposés selon un plan évolutif, allant des plus anciens aux formes contemporaines d’Homo sapiens, comme les mammouths. Le don, quelques années plus tard, d’un moulage de Diplodocus par l'industriel américain Andrew Carnegie, constitue, depuis son montage en 1908 un point d’attraction.

Au dernier balcon sont initialement exposées les collections d’Anthropologie (crânes et squelettes) qui déménagent en 1936 vers le Musée de l’Homme … l’espace libéré est immédiatement occupé par la paléontologie.

Les collections d'anthropologie sont bien visibles dans les vitrines du balcon supérieur dominant le montage du mammouth de Durfort, restauré en 2023 (carte 224 éditée par l'Imprimerie Photo-Mécanique).


HOMMAGES PHILATÉLIQUES DE SCIENTIFIQUES ET INNOVATIONS DU JARDIN DES PLANTES ET DU MUSÉUM


GEORGES-LOUIS LECLERC, COMTE DE BUFFON (1707-1788)

 Il est nommé en 1739, par Louis XV, Intendant (Directeur) du Jardin du Roi qu’il dirigera jusqu’à son décès à plus de 80 ans.

Dès sa nomination, il coordonne un inventaire des collections conservées dans le Cabinet d’Histoire naturelle, qu’il prolonge par l’édition d’une encyclopédie « L’Histoire naturelle » qui lui vaut de son vivant un immense prestige dans toute l’Europe.

 Son œuvre fait le point des connaissances de l’époque en zoologie et propose de nouvelles idées comme la définition des espèces animales et une durée des temps géologiques qui remet en cause l’interprétation des temps bibliques. Ses travaux contribuent à l’émergence des idées écologistes et évolutionnistes qui se concrétiseront au XIXe siècle.

Timbre "Buffon" émis en 1949, dessinateur et graveur Gabriel-Antonin Barlangue.

Au centre la statue de Buffon dans le Jardin des Plantes.


L’Histoire naturelle de Buffon.

 Dès sa nomination comme Intendant (Directeur) du Jardin du Roi en 1739, Buffon prépare un inventaire des collections conservées dans le Cabinet d’Histoire naturelle.

 Le tome 1, largement rédigé par Daubenton, lui-même en charge des recherches d’Anatomie, offre une description précise du Cabinet. Suite au nouveau statut de l’établissement adopté en 1793, Daubenton deviendra le premier directeur du Muséum.

Buffon publiera 35 autres volumes de l’encyclopédie intitulée « L’Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi » qui réunit toutes les connaissances zoologiques de l’époque.

 Ainsi, 36 volumes paraissent de 1749 à 1789 puis, après sa mort, huit autres sous la direction Lacépède qui poursuit des recherches sur les poissons, amphibiens et reptiles … avant de se consacrer à la vie politique à partir de 1803. Si l’encyclopédie est alors interrompue, elle sera rééditée à plusieurs reprises, y compris sous des versions réduites voire adaptées aux enfants et ses illustrations sont déclinées sur de multiples supports dont ces 4 timbres édités en 1988.


GEORGES CUVIER (1769-1832)

Il développe et conceptualise les recherches en anatomie comparée et crée au Jardin des Plantes, à la suite de sa nomination en 1802 à la chaire d'Anatomie comparée, une galerie pour en exposer les principes novateurs. Partant de ses principes il reconstitue des organismes entiers à partir de restes partiels et propose ainsi la reconstitution de fossiles, ce qui en fait également un fondateur essentiel de la paléontologie.

Pour autant il ne croit pas en l’évolution des espèces et pense que les fossiles résultent de catastrophes.

Savant brillant et très reconnu, il utilise néanmoins ses liens politiques et son pouvoir académique pour entraver la carrière de ses contemporains n’ayant pas ses idées, et en premier lieu celle de son collègue du Muséum : JB Lamarck dont il caricature la théorie.

Sa vision de l’espèce humaine, profondément raciste, lui fait définir les Africains comme « la plus dégradée des races humaines ». Son influence freina au XIXe siècle, le développement des recherches évolutionnistes en France, au profit de celles développées dans les pays anglo-saxons et à la mise en lumière du rôle de Darwin.

Les arguments "fixistes" de Cuvier et sa théorie des catastrophes, pour tenir compte des extinctions d'espèces sans considérer une théorie de l'évolution, sont repris jusqu’à aujourd’hui par des mouvements intégristes.

Cuvier, timbre émis en 1969, dessinateur Clément Serveau, graveur Jean Pheulpin.

Au centre la fontaine Cuvier, à l'angle des rues Linné et Cuvier, face à l'une des entrées du Jardin des Plantes.


DEUX INNOVATIONS DE L'ARCHITECTURE MÉTALLIQUE DU XVIIe ET DU XIXe.


Le kiosque ou « Gloriette de Buffon » est édifiée en 1788 par l’architecte Verniquet qui créa également le grand amphithéâtre du Muséum. C’est l’un des plus anciens édifices métalliques du monde. Sa structure en fer comporte des superstructures et décorations en cuivre, bronze, or et plomb, qui en firent une pile électrique polymétallique alors que l’on ignorait encore les règles d’association des métaux de construction.

Jardin des Plantes Paris, timbres émis en 2009, création Gilles Bosquet.

Les serres carrées, dites mexicaine et australienne, sont construites de 1830 à 1833 par l’architecte Rohault de Fleury qui créa également le bâtiment des galeries de géologie et botanique. Crées à la demande des botanistes du Muséum pour abriter leurs plantes exotiques, elles constituent les prototypes de toutes les serres modernes. Leur réalisation a été rendue possible grâce aux capacités de l’industrie de l'acier et … du verre pour la première fois en mesure de créer des vitres de grande taille !


LE DÉCRET LAKANAL : EN 1793 LE JARDIN DES PLANTES DEVIENT LE MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE.


JOSEPH LAKANAL 1762-1845 Prêtre catholique, il est élu en 1792 à la Convention par le Département de l’Ariège et siège sur les bancs de la Montagne. Il entre au Comité d’Instruction publique en 1793 et y fait adopter le premier décret sur les droits d’auteurs et un décret maintenant et accroissant les missions du Jardin des Plantes, sous le nom de Muséum national d’Histoire naturelle. En 1794 il fait adopter la création de 24 000 écoles primaires. Il est réélu au Conseil des 500 par le Département du Finistère. Sous la Restauration, il part aux Etats-Unis et devient président de l’Université de Louisiane à La Nouvelle Orléans. Il ne revient en France qu’après la Révolution de 1830 et siège alors à l’Académie des sciences morales et politiques.

Lakanal, timbre émis en 1962, dessinateur Clément Serveau, graveur Claude Durrens. Timbre du Bicentenaire du Muséum émis en 1993, dessinateur et graveur Jacques Jubert. Timbres des projets architecturaux dont l'atelier Chemetov et Huidobro est lauréat ; timbre envoyé pour leurs voeux 1993 et incluant un rendu de leur proposition pour la nef de la Galerie de l'Évolution. Vue de la caravane de l'évolution à l'inauguration en juin 1994, photo Laurent Bessol, Muséum éd.


En 1988, le Muséum célèbre Buffon, puis en 1993 le bicentenaire de son décret de transformation de "Jardin des Plantes" en 'Muséum national d'Histoire naturelle".

Dans le même temps il développe la rénovation de sa galerie de zoologie fermée depuis 1965, faute en particulier d’entretien de sa verrière endommagée en 1944.

En 1986, dans les cadre des réflexions sur sa rénovation je propose à Philippe Taquet, directeur du Muséum, un "synopsis pour une galerie de l'Évolution". Le synopsis suggère de n’exposer qu’une partie des collections mais de s'appuyer sur celles-ci, alors que la mode est aux supports virtuels et d’adopter le thème de l’évolution comme trame générale. Ce thème se décline en une introduction de sensibilisation des visiteurs à la diversité du vivant, en un espace consacré aux principes de l'évolution biologique et introduit les concepts d’écologie dans 2 parties de la galerie intitulées : « L’Homme facteur d’évolution » et « Espèces menacées et disparues ». Si le thème de l'évolution ne pose alors pas question à l'intérieur du Muséum, les 2 parties établissant un lien entre écologie et évolution sont critiqués car la crise de la biodiversité est alors encore contestée y compris dans certains milieux scientifiques et politiques..


DEUX CHIMISTES DU MUSÉUM.

NICOLAS-LOUIS VAUQUELIN (1763-1829) JOSEPH-LOUIS GAY-LUSSAC (1778-1850)

Ce sont deux chimistes du Muséum, en effet la chimie et la physique sont, à la création du Jardin des Plantes, des composantes de l'Histoire naturelle au même titre que la botanique, la zoologie ou la minéralogie. Ces disciplines y conservent jusqu'à aujourd'hui des laboratoires en lien avec l'étude de la Nature.

Vauquelin, timbre émis en 1963 pour le bicentenaire de sa naissance, dessin Albert Decaris, graveur Claude Hertenberger.

Gay-Lussac, timbre émis en 1951, dessinateur et graveur Pierre Munier.


NICOLAS-LOUIS VAUQUELIN (1763-1829). Professeur au Muséum de 1804 jusqu'à son décès.

Pharmacien de formation, il travaille avec le chimiste Antoine-François Fourcroy qui favorisera sa carrière et son entrée au Muséum comme titulaire de « la chaire des Arts chimiques ». Cette chaire s’inscrit dans la tradition du Jardin des Plantes et privilégie l’étude des molécules issues des substances naturelles pouvant avoir un intérêt médical.

Il publie des centaines d’écrits dont la plupart sont des comptes rendus d’opérations analytiques, qui font écho à ses cours, comportant une importante pratique en laboratoire, suivis par de nombreux chimistes.

Comme la majorité des professeurs du Muséum en poste au XIXe siècle, il cumule sa chaire avec des fonctions de professeur dans d’autres institutions : l’École des Mines, Polytechnique, le Collège de France … dans son cas.

 Il a découvert deux corps chimiques, le chrome et le béryllium et isolé en 1809 l’alcaloïde psychotrope du tabac : la nicotine. En 1827, il fut élu député pour le département du Calvados.


JOSEPH-LOUIS GAY LUSSAC (1778-1850). Professeur au Muséum à partir de 1833, il développe ses recherches de chimie à l’École polytechnique, à la Sorbonne, puis au Muséum dans la chaire de "Chimie générale".

Ses travaux sur les gaz lui permettent d’établir les lois de dilatation des gaz, parallèlement il améliore les baromètres. Son approche théorique et appliquée le conduit également à mettre au point des alcoolomètres permettant de mesurer simplement la concentration en alcool des boissons.

En chimie, il contribue à sa constitution en discipline théorique et appliquée. Il renverse alors les lois de Lavoisier, modifie la perception des acides et purifie, identifie et nomme des molécules aujourd’hui communes comme le potassium, le bore, l’iode…


UN PHYSICIEN DU MUSÉUM DÉCOUVRE LA RADIOACTIVITÉ NATURELLE.

HENRI BECQUEREL (1852-1908)

En 1896, alors qu’il est le professeur de la chaire Physique au Muséum, Becquerel découvre la radioactivité naturelle au cours de ses recherches sur la fluorescence des roches de pechblende.

C'est en observant une plaque photographique mise en contact avec le minerai qu'il s'aperçoit qu'elle est impressionnée, sans avoir été soumise à la lumière solaire.

En 1897, Marie Curie choisit ce sujet pour sa thèse de doctorat. Elle révèle les propriétés ionisantes de ce rayonnement puis, avec son époux Pierre Curie, découvre les éléments chimiques qui en sont à l'origine. Elle baptise cette propriété la radioactivité.

En 1903, Henri Becquerel reçoit la moitié du prix Nobel de physique « en reconnaissance des services extraordinaires qu'il a rendus en découvrant la radioactivité spontanée », l'autre moitié est remise à Marie et Pierre Curie pour la découverte du polonium et du radium.


 Becquerel, timbre émis en 1946, dessinateur et graveur Pierre Munier.

À droite carte postale de l’ancien appartement de fonction de Cuvier, à l’extrémité de la première galerie d’anatomie où il accédait directement. Cet appartement devint par la suite le laboratoire de Becquerel où celui-ci découvrit la radioactivité naturelle.


DEUX ANTHROPOLOGUES.

ANTOINE PORTAL (1742-1832) ROBERT GESSAIN (1907-1986)

Dès sa création, le Jardin royal des plantes médicinales a pour mission de considérer la santé des humains et leur anatomie. Jusqu'à aujourd'hui des scientifiques du Muséum mènent des recherche d'anthropologie sur l'évolution les humains et leurs relations à la Nature.

Timbre Portal émis en1971 pour le cent cinquantenaire de l'Académie national de médecine, dessinateur et graveur Pierre Béquet.

Timbre Gessain émis en 1988 par les TAAF (n° 134), dessinateur et graveur Pierre Béquet. Sur l'enveloppe figurent les bâtiments du Trocadéro où le Musée de l'Homme constitue depuis 1936 le site du Muséum national d'Histoire naturelle axé sur l'étude des sociétés humaines et de l'évolution des humains.


ANTOINE PORTAL (1742-1832). Médecin anatomiste, Buffon le fait nommer en 1776, professeur d’anatomie au Jardin du Roi. Il soigne alors les principaux personnages de la Cour puis, sous la Révolution, obtient la chaire d'anatomie humaine lorsque l’institution devient le Muséum.

En 1803 il publie un important Cours d'anatomie médicale en cinq volumes.

Sous la Restauration, Louis XVIII le nomme premier médecin du Roi, fonction qui était associée au XVIIe siècle à celle de directeur du Jardin royal des plantes médicinales.

En 1820, il agit de manière décisive pour créer l’Académie de médecine et sera également le premier médecin de Charles X.


ROBERT GESSAIN (1907-1986). C'est un médecin et anthropologue qui a joué un rôle majeur dans l’étude des populations Inuit.

Élève du Professeur Paul Rivet qui fonde le Musée de l’Homme en 1936, Robert Gessain est un scientifique de terrain aussi bien que de laboratoire. Ainsi, il hiverne en 1934-1935 dans la tribu groenlandaise d’Ammassalik où il s'est rendu avec le commandant Charcot à bord du Pourquoi Pas ?.  En 1936, il traverse le Groenland en traîneau à chiens avec Paul-Émile Victor.

Au cours de sa carrière, il n'a cessé de s'intéresser au Groenland pour étudier les populations Inuits et retourne à Ammassalik en 1965 où il séjourne un an avec sa famille. À son retour, il est nommé, en 1968, titulaire de la chaire d'anthropologie du Muséum, située dans les locaux du Musée de l’Homme, et le demeure jusqu’à sa retraite en 1978.

Il sera vice-président de l'Union internationale des sciences anthropologiques et ethnologiques rattachée à l’UNESCO et membre fondateur de la Société des explorateurs et voyageurs français. 


LA DIVERSITÉ DE LA NATURE ET DES RICHESSES DU MUSÉUM, UNE GAGEURE POUR LES ÉDITEURS DE TIMBRES ET DE CARTES POSTALES...


Timbre 89e congrès des associations philatélistes 2016. Cartes composites: CPA colorisée des éditions IPM Paris.Timbres Oiseaux d'Outre-mer, émis en 2003, dessinateur René Mettler. CPA noir et blanc "Souvenir du Jardin des Plantes" des éditions Royer Nancy. Carte postale du Jardin des Plantes dans la série des Squares et Jardins de Paris par La Poste émis en 2017, dessinateur Charles Decoudun. CPA noir et blanc "Souvenir du Jardin des Plantes" n°318 des éditions C.L.C Paris. Carte Buffon 1707-1788 portant un timbre ... du Bicentenaire du Muséum 1793-1993. Le Jardin des Plantes carte publicitaire du Bon Marché.


Post extrait de l'exposition présentée à l'occasion de la bourse-exposition de l'Association Aphilacart les 20 et 21 avril 2024 à Plouhinec (29780).


Ce post est dédié à mon ami Claude Lévi, titulaire de 1966 à 1989 de la chaire de Biologie de Invertébrés marins du Muséum, premier directeur des sciences de la vie du CNRS, qui me soutint tant dans mes recherches en biologie que dans le projet de création de la Galerie de l'Évolution.

Vous pouvez retrouver son engagement scientifique et humaniste pour la recherche et la défense de la biodiversité, ainsi que ses collègues Jacques Barrau et Jean Dorst, dans le film de Celia Lowenstein "Lost Voices" réalisé dans la phase finale de mise en place de la salle des espèces menacées et disparues de la Galerie de l'Évolution.


 

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1 commento


Superbe travail Michel, et un bel hommage aux scientifiques qui éclairent notre monde et nos esprits.

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